43 Dédoublement et coeurs battants

Aux dernières apparitions du soleil d’automne, me voici en route pour Authier-Nord.
Me voici ou plutôt NOUS voici : Cette fois je multiplie mon regard par 2 car mon frère de passage au Québec, m’a rejoint pour quelques jours de virée à l’affût d’un chasseur !
Dans la ligne de mire de nos appareils photos, Benjamin Gagnon -que j’avais déjà suivi à la pêche- a réussi à nous faire écouter le bruit du silence !

Des pas de velours entre aube et crépuscule, des marches franches aux insinuations plumesques, nos gestes doivent se confondre avec les siens.
Et puis soudain, le son d’un pas lourd et léger à la fois s’amoncèle et nous incite à l’arrêt. Un tango s’opère alors entre l’animal et les arbres, là, juste face à nous. Les rythmes sont opérés par nos cœurs battants, la musique est entonnée par les oiseaux de chants, nous sommes spectateurs sans ovations.
En bête panachée, l’animal orignal doit faire un choix entre amour de concubine et tentation de bruits armés. Le majestueux sera maître de nous pour des minutes, de son destin pour ces secondes ! Meilleure en soit sa fuite, dame aimée a raison des auditions de notre chasseur. Personne n’est malheureux, personne n’en est mort.
Il est 7h, le froid glacial composé aux belles lumières seront là, les meilleures prises de notre tableau de chasse. Et la photo se fait peinture.