33 Partenaire particulier

Je suis à la pourvoirie du réservoir Pipmuacan pour une dizaine de jours.

La première journée est grise. Malgré tout je m’embarque dans des marches aux alentours du camp dans l’espoir de rencontrer des scènes de nature. Pendant ce temps un animal mystère a été vu au camp. Des autres, la parade phrasée afflue donc sur mon choix de dormir dans la tente de chasse. Peu m’en importe, je persiste, je plonge, je baigne…

À cette heure-là sous mes draps, mes points sont fermés à la confiance d’avoir bien entretenu mon poêle.

Ma tente

1h53, réveil en sursaut : Bouboum !!

Quatre pattes viennent de sauter sur ma terrasse haute. La démarche est celle d’un visiteur fringant, un inspecteur de poids. Mon corps se crispe, mon cœur se serre mais mon silence est d’or : Je veux être sûr ! La peur mêlée à l’excitation ne dérangent pas ma concentration. Je n’ai pour armes que ma lampe, ma voix et cette surréelle maîtrise du stress que je découvre !

La démarche assurée légère fait vibrer le bois, la toile bouge, ça renifle, le bruit de griffes au sol raisonne et je pense au gabarit du rottweiler de mon beau-frère. Un chien ? Un loup ?

Tout y est, les ingrédients sont là. Je commence à haleter au même rythme que lui lape. Lequel est prédateur, lequel sera proie ? Fuir ! Impossible pour moi… Bondir ?! Que nenni, je ne vois pas.

Je dégaine mon arme torche, j’éclaire et rien n’y fait ! Arme décisive : ma voix rengaine le bon vieux « Pchhhht, casse-toi ! Laisse-moi dormir ! »

Plus rien

1h57 La pénombre est reine, le silence roi. La pluie entame son crépitement, rassurante comme pour effacer tout autre bruit, toute trace de l’événement…

Le mystère est là, je m’assoupis… je dors.Empreinte