36 Fin de première partie

Amis Québécois,

En ce jour j’entame la fin de la première partie de mon voyage parmi vous, au Québec. J’ai parcouru des milliers de kilomètres, vu des paysages uniques, vécu au rythme de mes rencontres. Vous avez eu tour à tour la gentillesse de m’ouvrir vos portes durant ces six derniers mois pour vivre la « vie de tous les jours ».
Grâce à toutes mes expériences, me voici donc conforté dans l’approche que je souhaitais donner à cette première partie de voyage.
Celle-ci donne ainsi tout son sens à l’équation suivante :
Extra + ordinaire = extraordinaire !
Équation simple sur le papier mais qui concrètement, avec de la curiosité mutuelle prend une toute autre dimension.

Encore une fois je vous remercie donc, me retourne pour trois semaines en Aveyron (Fr) auprès de mes proches, et vous reviens très bientôt !

Prenez grand soin de vous, de vos proches, et soyez sages !

34 Tite Gravelle et Laurier

Ce jour est celui de mon départ de la pourvoirie Pipmuacan. On ne change pas la coutume du petit pincement commun à chacune de mes migrations. C’est parti pour 2 jours et demi de route vers le sud !

J’ai rendez vous chez les grands artistes Robert Seven Crows et JoAn Pawnee Parent pour qu’ils me présentent mon colocataire pour les semaines qui suivent : Nimooch !

Une escale au village à l’ambiance western de Saint Tite, puis une autre dans la réserve de Manawan, une fuite d’essence et environ 700 kms de route – dont la moitié de chemins forestiers -, et me voilà enfin à 13h précise au bord de la rivière La Lièvre, à Mont Laurier !

Durant mon séjour à durée indéterminée, mes logeurs sont en tournée en France (concerts et contes amérindiens).
Pour ma part une somme de travail m’attend pour un prochain retour en France !… à suivre

http://www.robertsevencrows.com/
http://joanpawnee.over-blog.com/article-bio-contact-spiritualite-amerindienne-62527128.html

 

 

33 Partenaire particulier

Je suis à la pourvoirie du réservoir Pipmuacan pour une dizaine de jours.

La première journée est grise. Malgré tout je m’embarque dans des marches aux alentours du camp dans l’espoir de rencontrer des scènes de nature. Pendant ce temps un animal mystère a été vu au camp. Des autres, la parade phrasée afflue donc sur mon choix de dormir dans la tente de chasse. Peu m’en importe, je persiste, je plonge, je baigne…

À cette heure-là sous mes draps, mes points sont fermés à la confiance d’avoir bien entretenu mon poêle.

Ma tente

1h53, réveil en sursaut : Bouboum !!

Quatre pattes viennent de sauter sur ma terrasse haute. La démarche est celle d’un visiteur fringant, un inspecteur de poids. Mon corps se crispe, mon cœur se serre mais mon silence est d’or : Je veux être sûr ! La peur mêlée à l’excitation ne dérangent pas ma concentration. Je n’ai pour armes que ma lampe, ma voix et cette surréelle maîtrise du stress que je découvre !

La démarche assurée légère fait vibrer le bois, la toile bouge, ça renifle, le bruit de griffes au sol raisonne et je pense au gabarit du rottweiler de mon beau-frère. Un chien ? Un loup ?

Tout y est, les ingrédients sont là. Je commence à haleter au même rythme que lui lape. Lequel est prédateur, lequel sera proie ? Fuir ! Impossible pour moi… Bondir ?! Que nenni, je ne vois pas.

Je dégaine mon arme torche, j’éclaire et rien n’y fait ! Arme décisive : ma voix rengaine le bon vieux « Pchhhht, casse-toi ! Laisse-moi dormir ! »

Plus rien

1h57 La pénombre est reine, le silence roi. La pluie entame son crépitement, rassurante comme pour effacer tout autre bruit, toute trace de l’événement…

Le mystère est là, je m’assoupis… je dors.Empreinte

 

32 Réservoir Pipmuacan

Le réservoir Pipmuacan est une région sauvage située à 2h de chemin du premier village. L’un des propriétaires d’une pourvoirie m’a proposé de m’y immerger quelques jours !

http://www.pourvoiriepipmuacan.com/

 

31 Région de Saguenay

Quelques vues des Fjords

 

30 Val Jalbert toujours dans l’air du temps

En ce 2 juin il fait chaud et humide. Mon nuage de moustiques et moi-même décidons de profiter de cette météo pour aller visiter le village fantôme de Val-Jalbert.

Ce village a vu le jour de la même manière que bon nombre de regroupements d’habitations des années 1900. En d’autres termes, il fut construit par un entrepreneur désireux d’exploiter les ressources naturelles -dans ce cas-là : un moulin de pâte à papier-… et de loger ses employés.

Mais pour Val Jalbert la malchance avait frappé deux coups. Une épidémie de grippe espagnole additionnée à la concurrence des produits de synthèse pour la fabrication du papier ont eu raison de toutes activités. Aujourd’hui si l’on ne reste que sur le plan touristique, la reconversion a pu se faire grâce à l’attrait que procurent la magnifique cascade de la rivière Ouiatchouan et le patrimoine bâti exceptionnel du village.

http://www.valjalbert.com/

29 Maison Hector Authier : l’inauguration

Et la boucle est bouclée !

C’est ce mardi 28 mai que j’ai participé à l’inauguration de la maison qui a appartenu à Hector Authier pendant une vingtaine d’années, dans la ville d’Amos. Une magnifique bâtisse qui a été ‘rajeunie’ à la manière des années 30. Un magnifique paradoxe architectural.

Comme la venue d’un Authier de France n’est pas passée inaperçue, j’ai ainsi profité de mon nom pour rencontrer les personnalités locales et notamment la petite fille de Hector Authier, et la triple incarnation de Dolorès que les visiteurs peuvent désormais rencontrer !

Lire aussi les articles 9 et 20

http://www.palais-maisonauthier.com

Tourisme Amos : http://www.ville.amos.qc.ca/TOURISME

28 Jeu de société

arbre

Poème

Mon jeu est simple : Je vais planter mon arbre dans une région et à une place spéciale du Québec. Lorsque vous serez en visite dans cette région-là Il vous suffira de m’annoncer votre venue et je vous transmettrai les indices qui mèneront à mon arbre…

Si vous le trouvez, envoyez-y vos meilleures pensées et laissez lui vos soucis, il saura quoi en faire. Si vous ne le trouvez pas, alors vous aurez fait une belle promenade !

 

27 Cheddar, Squick mais pas que !

Depuis tous temps nous français, sommes considérés comme les « fromages qui puent », et ce n’est pas forcément pour nous déplaire !

Pour mettre encore plus les pieds dans le plat j’ai alors décidé de visiter le Musée du Cheddar de St-Prime (toujours au Lac Saint-Jean). Diane, la directrice de cette institution québécoise s’est prise au jeu et nous avons décidé de combiner nos formations d’agents de développement culturel et ma vision « à chaud » de français chauvin pour faire une introspection du musée.

Ainsi un profil complet de ce que peut attendre une famille de touristes français a été dressé… sans toutefois que je ne me présente avec la baguette, le béret et les charentaises.

Muséehttp://www.museecheddar.org/

Pour cet atelier de transformation qui date de 1895, les visiteurs de partout peuvent ainsi s’immerger dans la découverte du fromage… Qu’est-ce que le petit lait ? Par quel moyen simple mesurait-on l’acidité ? Pourquoi testait-on le fromage contre une barre de fer chaude ? D’où était extraite la présure ? Enfin, qu’est-ce que la « cheddarisation » ? Ce sont autant de question dont j’ai pu avoir les réponses… juste avant une dégustation, en solo à la maison.

Je me suis alors rendu compte que ce fameux fromage qui fait ‘squick-squick’ sous la dent n’est pas seulement le fromage à poutine que l’on rencontre ici au Québec. Ce Cheddar-là qu’on pourrait rapidement apparenter à une Mozzarella plus caoutchouteuse n’est en fait que la partie ‘médiatique’ de tout ce qui existe !

Pour ma part, j’ai fini par trouver mon compte avec un bon ‘doyen’ de 4 ans d’âge et dont le goût reste au palet pour les heures qui suivent. Sur sa tranche de pain qui croustille, je l’ai chauffé légèrement, j’ai ensuite agrémenté le tout de confiture de bleuets mais ça… c’est une autre histoire…

Cheddar

 

26 Une soirée jusqu’aux aurores

Parfois les choses dépassent tout entendement… Ce soir par exemple. Me voici rendu sur mon vélo à faire des prises de vues d’oies blanches par milliers dans une prairie, avant d’aller en visite au musée du Cheddar tout près : Musée fermé.
Malgré tout, des gens d’ici me voyant ranger le matériel, engagent la conversation sur le fameux « Pis toi tu viens de Marseille ? »… Il ne suffit que de quelques secondes de palabres et d’un bon 3/4 d’heure de pédalage supplémentaire pour me retrouver bien loin de là, au bar ‘La Chouappe’ de Saint-Félicien, une bière locale à la main…Vive le sport.

C’est peu dire si j’en crois les rencontres, les échanges et la fin de soirée :

Dans l’impossibilité de me rentrer… à cause de la nocturne, je me laisse donc conduire et nous rencontrons sur le chemin ce que non seul un œil averti aurait capté…

Aurore boréale

25 Rando VTT Photos

Il y a des jours où l’on se demande d’où peuvent bien nous venir les forces…

Cet après-midi là, j’ai décidé de jouir d’un magnifique temps frais pour randonner. Ayant été plutôt profitant à tous les niveaux dans ces dernières années, je ne pensais pas remettre un jour « le pied à la pédale ».

Aujourd’hui se sont donc près de 60 kms de gravelles et de routes qui m’ont offert leurs faux-plats… Bien entendu je ne pense pas renouveler l’exploit dans les prochains jours mais l’expérience valait bien un article !

Pause à mi-parcours

La pause à mi-parcours

Rencontre fortuite Un riverain rigolo et son trophée !

24 Tours et détours au lac Saint-Jean

Le lac Saint-Jean est immense, une quarantaine de kms de diamètre pour plus de 200 kms de circonférence.

N’ayant pas froid aux yeux à mon arrivée, je me procure un vélo pour en faire le tour : Vu d’une côte, en face tout est plat ! Malheureusement après deux semaines, il n’y aura pas quatre journées consécutives de beau temps. Je garde le vélo et me concentrerai donc sur des visites à proximité de Mashteuiatsh où j’habite actuellement.

La pointe bleue, Roberval, les bleuetières, le Makusham, la Pointe Taillon sont des mots qui reviennent souvent !

Pointe Bleue est le nom français donné à la réserve montagnaise de Mashteuiatsh (prononcer « Machtoyatz »).

Roberval : Nom de la ville voisine où se trouvent les commerces principaux et grandes surfaces. À noter qu’il est souvent reproché aux autochtones le fait de ne pas payer de taxes. C’est une réalité dans les réserves qui s’est concrétisée suite à des ententes avec les colons il y a près de 150 ans au sujet de l’annexion des terres. La loi sur les sauvages = 1876

Autochtones = Premières Nations + Métis + Inuits

Bleuetières : fermes qui exploitent les bleuets (que je connaissais mieux sous le nom de myrtilles)

Le Mukusham : Il s’agit de la rencontre annuelle entre les Ilnus (Montagnais ou Pekuakamiulnuatsh) du lac Saint-Jean, les Cris du nord, et les Atikamekws entre autres. Ce rendez-vous se perpétue depuis toujours à cet endroit (voir carte). Il sert à renforcer les relations de commerce et de troc entre les nations autour d’échanges intergénérationnels et de bons repas (castor, canard, orignal, outarde, loutre etc.). Comme dirait mon hôte « c’était un peu le Facebook des autochtones d’ici ». Un rendez-vous où les problèmes personnels restent à l’extérieur. Rires, jeux et chasse !

La Pointe Taillon (Parc National de) est l’occasion parfaite pour essayer mon VTT sur une quarantaines de kms. Les orignaux et les castors n’ont pas oublié de marquer leur présence sur le chemin…

En bref, ces dernières journées ont aussi su marquer leurs empreintes dans ma tête… et sur ma voiture ! À suivre…

22 Je prends la route / la route me prend

Après trois semaines passées à Val d’Or, désormais Nicole ma logeuse a toutes les armes en main pour mener le super festival de contes qui s’annonce. Il est temps pour moi de changer de place.

La fin du mois d’Avril marque la fonte des neiges, l’arrivée des outardes mais aussi ma propre migration : changement de cap ! Je prends la route vers une région inconnue, le Saguenay-Lac Saint-Jean pour vivre au bord de l’eau.

La route est longue, environ 800 kms sur deux journées. C’est en roulant de ligne droite en ligne droite dans un paysage de forêts en continu que l’on se rend réellement compte de la démographie de la province : 8 millions d’habitants pour une superficie d’environ 4 fois celle de la France. Des paysages uniformes mais jamais monotones. Mais avant, un nouveau passage  festif à Authier-Nord fut nécessaire pour une bonne transition…

21 À l’écoute

J’attends les beaux jours pour reprendre la route… Nous sommes le 21 Avril et les températures avoisinent toujours les 0 degrés ! La semaine prochaine sera certainement meilleure mais en attendant, même si les occupations ne manquent pas avec le Festival Contes et Légendes, je décide d’aller à la rencontre de Marion, la compagne française de Benjamin (séjour à la pêche)…

OSR

Marion est l’un des petits points situé en dessous de l’écran ! Le dialogue est difficile mais je suis assez bien placé dans la salle pour en comprendre les notes !

Il s’agit en fait d’un concert bien plus qu’amateur de l’Orchestre Symphonique Régional en Abitibi-Témiscamingue. http://www.osrat.ca/

Les flûtes gazouillent… le beau temps est donc à l’approche !

20 Rencontre avec…

Denys Chabot.

Denys Chabot

http://fr.wikipedia.org/wiki/Denys_Chabot

J’étais à la recherche d’une personne qui puisse me parler de Hector Authier.

En tant que Authier il me fallait savoir une bonne fois pour toute si le « père de l’Abitibi » était oui ou non originaire de France, et si oui, à quel degré. J’ai alors servi de balle à une partie de ping pong entre une librairie et la bibliothèque de Val d’Or, la maison Hector Authier d’Amos, les villages de Authier et Authier-Nord, et un monsieur Authier de la ville de départ pour trouver enfin la réponse ! Deux mois se sont écoulés sur cette période, plus d’un millier de kilomètres parcourus et des parenthèses très opportunes.

Je cite un extrait du livre « Hector Authier, le père de l’Abitibi » duquel il fut coauteur : « Son ancêtre, Jean Autier, originaire de Perpignan (…) est arrivé à Chambly en 1757 »

550276-gfMaintenant, si l’on prend une carte, Perpignan se situe à 50 km à l’Est du village français dont les Authier tiennent leur origine (Roquefort de Sault, dans l’Aude). Sans exagérer de trop il suffit de frapper aux portes, ou de visiter le cimetière pour le vérifier…

Cependant d’après un membre de la famille de Hector Authier, Jean Autier cité plus haut n’aurait pas de descendance connue…
Le reprenant : « Hector Authier … Il est un descendant direct de Guillaume Gauthier , dit Delisle, dont l’origine exacte ne nous est pas connue… Jean autier arrivé en 1757 serait sans descendance connue… Les Authier de France ont donc une origine différente et fort ancienne comparativement au Québec ou ce patronyme date des années 1724-30 environ… »

Selon Denys Chabot, le personnage d’Hector Authier est vu d’une manière ambivalente aujourd’hui encore. Celui-ci était très pragmatique « sans trop de charisme mais extrêmement intelligent« … des qualités certainement nécessaires si l’on souhaite coloniser et développer un territoire, mais qui, sur le plan humain n’avaient pas dû faire que des heureux !

19 Doutes et Contes

Cette fois-ci, je reviens à Val d’Or (point de départ) pour entreprendre quelques démarches sur un projet fraîchement rédigé.

Après un séjour aussi fabuleux, je ne peux pas cacher que les questions se bousculent dans ma tête… L’inconvénient d’un doute peut-être aussi son plus gros avantage : on se retrouve face à soi même…

Heureusement, je vis actuellement chez Nicole Garceau, la « dame de fer souple » du Festival de Contes et Légendes en Abitibi-Témiscamingue, mais aussi une cuisinière hors-pair. Je lui prêterai renfort sur la rédaction de lettres et de textes pour cette dixième édition, une vingtaine de conteurs pour presque autant de places dans la région, sans parler des écoles ! L’union fait la force !

La grande conteuse Renée Robitaille sera la porte-parole du Festival. http://www.reneerobitaille.com/

Renée Robitaille présente le Festival

18 L’Abitibi-Témiscamingue mise en lumière

Tout près du vieux quartier Bourlamaque où je vis actuellement, rendez vous à une séance dédicace du photographe Mathieu Dupuis pour la sortie de son tout nouveau livre sur l’Abitibi-Témiscamingue.

Livre

Mathieu Dupuis a 31 ans et déjà un parcours qui me parait incroyable !

Dans les airs, sur le plancher des vaches ou sous terre, il arpente les régions avec son « studio improvisé » en collaboration avec les plus grands magasines. Ses études en photo commerciales sont peut-être un atout, mais lorsqu’on feuillette son ouvrage, on se rend compte que tout de même, les « artifices » de la technique ou de la formation ne peuvent pas remplacer l’œil et l’esprit. Mathieu Dupuis signe là son 8ème livre.

Le site du photographe : http://www.mathieudupuis.com/

Le tourisme en Abitibi : www.tourisme-abitibi-temiscamingue.org

 

17 Poissons d’Avril partie 2

Le weekend  est passé, nous sommes 3 à rester et le froid s’invite. Ce dimanche soir je dormirai seul au camp ! L’idée de me retrouver au milieu des bois fait son chemin mais après tout j’accepte sans trop broncher. « On te laisse les chiens mais si dans la nuit ils aboient et grattent la porte en grognant tu les laisses surtout pas sortir » Gloups. Cette nuit je me refuse à compter les moutons avec tout ce qu’ils pourraient évoquer dans un tel « milieu hostile » !

Le matin du 1er avril est déjà là et je ne me sens pas peu fier d’accueillir sain et sauf Benjamin et Marion. Journée de pêche infructueuse, mais mon grade est monté : je peux conduire les skidoos ! Je m’en vais donc çà et là, noble et digne, rendant services à souhaits ! Le froid commence à devenir transperçant et la tempête de neige sévit mais la bonne ambiance est toujours là (env -15 degrés).

Nous rentrerons finalement le lendemain dans des conditions toujours extrêmes.

Pour cette aventure, ma satisfaction ne venait pas tant du fait de ramener du poisson excellent que d’être allé au bout des choses !

16 Poissons d’Avril partie 1

Pour le weekend de Pâques, en route pour Authier-Nord pour une partie de pêche avec Benjamin (rencontré quelques jours plus tôt – article 9), sa compagne Marion et leur équipe !

Je ne sais pas à quoi m’attendre mais dès le départ je décide de m’engager pour 3 jours.

Après 1h30 de route, de chemins terreux et de sentiers neigeux sous un soleil magnifique, nous voilà rendus au beau milieu de la forêt. Somme de problèmes plus ou moins importants se présentent dès le départ, ce qui présage habituellement pour moi une expérience hors normes… Une clé se casse dans un cadenas par-ci, un pick-up dans le fossé par-là, et pour couronner le tout, la vieille roulotte où dormiront mes 2 hôtes est immobilisée à 2 km de l’arrivée à cause d’un défaut de parallélisme : les roues se sont littéralement arrachées dans les ornières jusqu’à ne plus tenir (voir photos).

Découverte du camp, sans d’eau courante, l’électricité au groupe électrogène, la porte qui ne ferme pas vraiment et le chauffage au gaz dans son sens premier, authentique !

Je découvre les sensations sur le skidoo à pleine allure sur l’immensité du lac Newiska. Toutes les proportions sont à réapprendre. Il en va de même pour la technique de la pêche sur glace (je n’ai jamais vraiment pêché de ma vie), et puis qu’est-ce qu’on pêche d’ailleurs ?

L’organisation jusque-là approximative et imprévue devient tout à coup millimétrée ! Chacun a son rôle et tout se passe dans la bonne humeur. 5 lignes et 8 poissons par personne et par jour, les cannes face au vent, l’appât à distance médiane entre la glace et le fond.

Un bon coin est trouvé, on parle, on s’amuse et tout à coup : « HEY là-bas !! » Une ligne plonge, son responsable aussi ; une seconde d’attente suivie d’un coup sec et une remontée victorieuse ! Un doré ! Quelques minutes plus tard, même refrain pour un brochet et s’en suivent d’autres. Mais après les félicitations c’est le choix de la relâche ou de l’assiette.  Pour la sentence de l’assiette -qui n’était pas forcément pour me déplaire- la découpe du poisson était tout aussi intéressante mais surement impossible à reproduire pour moi (donc filmé)

15 Cabane à sucre

Aujourd’hui pour mon dernier jour à Mont-Brun, Jordane m’a donné rendez-vous près de son lieu de travail à 2h30 d’ici, près de Ville-Marie.

Première partie de la journée, un bon repas dans une érablière à une bonne quinzaine de kilomètres de routes et de chemins ! Je prends au mot le service « à volonté » et je badigeonne le tout de la substantifique sève… un régal. La suite de l’histoire se passe à l’extérieur avec la tire d’érable et le sirop de boulot… c’est dire si l’hypoglycémie ne m’arrivera pas aujourd’hui !

Deuxième étape pour une bonne digestion : Jordane m’emmène sur une exploitation très familiale où nous sommes mis à contribution pour… récolter la sève d’arbre en arbre. Un liquide aqueux et très légèrement sucré. La quantité produite dépendra de l’envergure de l’arbre (l’érable à sucre – Acer saccharum) et des conditions météorologiques. Ensuite, la sève cueillie sera portée à ébullition avant de passer par divers filtres. Sur un litre de sève à vue de nez j’opterais pour une production de 20cl de sirop.

Un mini-séjour instructif et incontournable au Québec qui en annonce un autre dès le lendemain ….

14 Raquettes au parc d’Aiguebelle

Aiguebelle (belles eaux) est l’un des 27 Parcs Nationaux Québécois. Les forêts abritent une multitudes d’essences végétales ou d’espèces animales sur une surface de 268.3km²… Par ailleurs les terres sont à dominante volcaniques, vallonnées mais sans trop. Tout au long de nos pas, la multitudes d’empreintes et les quelques cadavres de perdrix nous laissent à imaginer toutes les formes de scénarii possibles pour la suite de l’après midi… alors on choisit de profiter un maximum !

Site : www.sepaq.com/pq/aig/

Les 7 bons kilomètres de marches en tous genres ou de demi-tours nous ont réservé quelques petites surprises…

13 Un jour, deux animaux

Coy Mont-Brun

Ce matin j’ai vu ça…. un animal les oreilles droites, l’allure légère. Au départ, par réflexe je me dis « Mais qu’est-ce qu’il fait là ce chien?! » Ma raison revient alors lorsque je vois que ce canidé continuait sa route, imperturbable, vers le sous-bois de la bordure opposée.

Je me dis qu’un chien perdu n’aurait pas réagi comme ça. La nouvelle question est alors de savoir si je m’étais trouvé en face d’un loup ou d’un coyote…? Ayant déjà vu les deux au refuge Pageau (article 10), j’ai conclu qu’il s’agissait d’un coyote.
Au risque de vous décevoir, il y a des situations comme celle-là où l’appareil photo est inaccessible (rrgnrrrgn). Se pose alors la question de l’honnêteté… J’en parle ou je n’en parle pas? Et après une gymnastique d’esprit et de mémoire j’ai finalement essayé de retrouver les mêmes conditions de lumière en tâchant de respecter les proportions exactes de l’image montée que vous venez de voir…

Par contre la photo de cette magnifique Chouette Lapone qui m’a accueilli en fin de journée est bien une vraie !

chouette-lapone

12 Mouvances autochtones pacifiques

Depuis le début de mon voyage, j’ai choisi d’accompagner à trois reprises la mouvance pacifique des peuples autochtones Idle No More (Finie d’inertie). Le but étant d’en apprendre sur la condition et les revendications des peuples autochtones du Québec (Premières Nations / Métis / Inuits). Pour ne pas commettre d’erreurs d’interprétation, je ne fournis pas de plus amples détails pour le moment.

Vous laissant donc apprécier les images…

 

11 Le Camp Spirit Lake

J’ai souvent entendu parler d’un camp de concentration en Abitibi. Un camp de concentration? Vraiment?

Non loin de la ville d’Amos, on trouve un très grand bâtiment type Internat en haut d’une butte, tout proche d’une petite église. Le lieu dit est appelé ‘La Ferme’. En garant mon véhicule, je ne trouve pas de constructions uniformes de bois, ni de barbelés.

© Centre d'Interprétation

© Centre d’interprétation

Cette histoire de camp suscite chez moi beaucoup d’interrogations. Y a-t-il un lien avec la seconde guerre mondiale, voire des pensionnats amérindiens ?

Monique et Marcel (qui descend d’une famille Ukrainienne) acceptent ma proposition de les rencontrer. Nous entrons dans l’église et je trouve aussitôt une réponse à mon interrogations sur les bâtiments, « le camp a été détruit par contre les pierres ont servi à bâtir cette église là« . Cette église est désormais le témoin de l’existence de cette prison (le centre d’interprétation), au moyen d’une exposition très accessible et vivante. http://www.campspiritlake.ca/

B

Rencontre filmée

Le territoire de Spirit Lake appartenait autrefois à la Nation Anishnabe. Ce n’est que dans les années 1900 que les Européens de l’Est vinrent en masse dans la région de Val d’Or. Les Canadiens nécessitant une main d’œuvre qualifiée pour le travail dans les mines.

Le colon Hector Authier était lui, désireux de développer le Nord de l’Abitibi et notamment sa ville d’Amos. Le but de cette construction singulière était en fait d’obtenir un apport financier de la part du gouvernement, et donc d’établir une économie dans la ville. Sur le plan public, la finalité était « d’accueillir » les familles immigrantes Allemandes, Polonaises et en majorité Ukrainiennes pour les « protéger de la population Canadienne« . Mais dans un second sens, elles n’avaient pas le droit de sortir…

Ce camp alors dit ‘d’internement’ et non de concentration fut l’une des 24 infrastructures mises en place en Ontario, au Québec, et en Alberta qui virent le jour lors de la première guerre mondiale.

 Une visite tout à fait intéressante et instructive !

10 Le refuge Pageau

Loup gris

On trouve environ 80 000 loups sur les 10 provinces du Canada (dont 7 000 au Québec)

Le refuge Pageau est situé à Amos. Dans les années 1980, le très connu Marcel Pageau et sa femme mettent sur pied un centre d’accueil pour animaux blessés. Blessés oui, mais uniquement si l’Homme en est à l’origine.

Tour à tour ce sont chouettes, hiboux, renards, lynx, ratons-laveurs, aigles, orignaux, loups ou même ours qui sont récupérés. La structure héberge ainsi de 80 à 130 animaux par an avant d’en relâcher une partie dans les mois qui suivent. Une sorte de transit avant de repartir sur de meilleures bases !

En revanche, certains d’entre eux sont gardés au refuge car trop abîmés (une aile cassée, un œil défaillant), ou simplement parce qu’ils sont nés sur le parc (interdiction d’être remis en liberté). 2h30 de balade à travers le parc grâce à qui nous (nous français) sommes assurés de pouvoir entretenir notre cliché préféré : « Je suis allé au Québec et j’ai vu des loups ! »

Ecureuil

Une partie du refuge Pageau est ouverte aux visites, ce qui permet à la famille de son créateur d’alimenter les activités et de trouver un compromis ludique pour la préservation de la faune du Québec.

www.refugepageau.ca/

 

9 Authier, nom commun

Quelle n’est pas ma surprise de me retrouver face à face avec … mon nom.

Mi-février, je quitte Montréal pour y rencontrer Serge, mon ami photographe présenté dans l’article 5. De fil en aiguille des rencontres incroyables et inattendues se font, mais par la suite, Michel Cloutier, directeur de l’école secondaire du Lac Simon m’apprend que mon nom est connu à une heure au Nord, stupéfaction !

Retour à mes recherches, chez moi lorsque j’habitais encore à Val d’Or et la surprise est bien réelle lorsque je m’aperçois qu’une commune porte mon nom (Authier-Nord & Authier). Hector Authier fut une figure de l’Abitibi ! La coïncidence est frappante entre ma présence ici, mes recherches historiques, et ce personnage de l’Abitibi !

Carte Authier

J’organise alors une rencontre filmée avec Guy Desaulniers, instituteur à la retraite qui me présente le livre de 250 pages reprenant l’histoire de la commune grâce à des documents et ses rencontres avec les habitants : AUTHIER, 75 ans… Un passé présent. http://authier.ao.ca/fr/

Mais je ne peux pas me rendre à Authier sans visiter Authier-Nord qui se situe à 10 km de ce premier village. Greta, la gérante Belge de l’école du Rang II (http://pwp.lino.com/ecolrgll/), m’invite à y rencontrer un personnage, très connu ici !

Benjamin Gagnon, 3 chiens, 2 poissons, 1 Gerboise et …1 pigeon
Trappeur de 29 ans à Authier-Nord. À peine 10 minutes que nous nous connaissons et il m’emmène déjà visiter sa cabane près d’un lac, me fait manger de l’Orignal chez ses parents, me parle de pistage, d’observation des loups, de chasse et de pêche… et de sa compagne française. J’oublierais un détail si je ne mentionnais pas qu’il m’était interdit de partir sans avoir emporté deux de ses bouteilles d’alcool local !

8 Rencontre avec…

…Maurice Migneault, agriculteur-forestier à Mont-Brun (Abitibi)

Maurice Migneault

Se considérant lui-même comme un gros exploitant en Abitibi, Maurice Migneault et sa famille élèvent près de 1500 bovins pour une surface de terres d’environ 2000 hectares.

 L’interview filmée d’une heure (bientôt disponible sur commande) évoquera les sujets suivants :

Description physique de l’exploitation / le choix des races / la main d’œuvre / le rapport avec les prédateurs et les gardes-chasse / l’histoire de l’exploitation / les Premières Nations / le nouveau marché des terres au Québec.

Maurice Migneault

Explication de la tactique de chasse du loup

 

7 Déménagement à Mont-Brun

Pourquoi avoir choisi Mont-Brun ?

Plusieurs raisons ont tourné mon choix de vie pour le mois qui suit vers cette maison située au milieu des champs et des forêts.

Les tarifs : L’Abitibi est une région minière où l’on connait le plein emploi. La difficulté de trouver des logements est donc bien réelle, sinon coûteuse. J’aurais pu rester quelques temps de plus à Val d’Or mais le coût d’une chambre est réduit de moitié. Je recherche actuellement plus la qualité de vie que les avantages pratiques (repos, tranquillité, concentration).Maison Mont Brun

La situation physique : Une vaste maison entourée de champs et de rivières, près d’un parc national. L’intérieur vaste et moderne, respire ! Les propriétaires sont deux jeunes désireux de rencontrer des gens. Anny est orthophoniste, Jordane est ingénieur agronome, Noah est le chien !

La situation géographique : Pour cette partie du voyage, je m’intéresserai à des gens ou des villages alentours, comme celui d’Authier… (mais que fait mon nom ici!), ou Rouyn-Noranda, Val d’Or où je retournerai probablement ou encore à la ville d’Amos… Ce qui me situe exactement au centre stratégique du quadrillage…

1h30 de route de tous ces points… ce qui est loin ou proche selon notre conception du verre à moitié plein ou à moitié vide!

Mont Brun

Par contre, après des tas de calculs savants, nul autre choix que d’acheter un voiture… ce sera donc une Dodge Neon de 1997, 194 000 km…

6 Expo de bijoux scarabées

En déambulant dans les rues de Val d’Or je me suis arrêté au centre d’expositions pour y découvrir une expo sur les insectes. Des araignées, des papillons en tous genres, des parures faites pas des peuples africains que j’avais eu la chance de voir de mes propres yeux au Burkina (masques Bwabas), mais une partie de l’exposition m’a particulièrement interpelé : faire du scarabée un objet de valeur… J’avoue que le compromis de la Joaillière Caroline Arbour m’est apparu super intéressant ! Résumé du procédé sous la photo.

Joaillerie Caroline Arbour

Les techniques utilisées sont traditionnelles. Afin d’atteindre le niveau d’effets désiré, ses métaux sont travaillés de deux manières :

La cire perdue : réaliser des formes et des volumes complexes. L’artiste privilégie cette technique pour sculpter le corps de ses insectes mais aussi pour la fabrication de joncs et de bagues avec de nombreux détails et de volume. Pendentifs, bracelets, boucles d’oreilles et bien d’autres bijoux peuvent être réalisés, l’origine de ce procédé date d’environ 1 500 ans avant Jésus-Christ.

Directement dans le métal : À partir de la pépite, fabrication d’un lingot, d’une plaque ou de fils de différentes grosseurs. Caroline Arbour utilise cette manière de travailler pour la majorité de ses créations. Elle peut aussi associer les deux techniques pour faire un seul bijou, comme dans ses scarabées par exemple, où les pattes et les sertissages sont faits à même le métal et le corps dans la cire perdue. Ceci permet de créer des effets inédits, des reflets et des sensations…

Le sertissage des pierres : Les sertissages sont tous fait à la main par l’artiste.

Pour plus de détails visitez donc le site de Caroline Arbour http://www.scaro.ca

 

5 Histoire de Val d’Or avec Serge Gosselin

Serge GosselinRencontre, Interview, café et échange de 3h30 avec Serge Gosselin sur les grandes lignes historiques de l’Abitibi et de la ville de Val d’Or où je me trouve actuellement. Serge est l’une des raisons pour laquelle j’ai souhaité me rendre dans cette région du Québec. L’approche de son travail me rendait curieux. Une autre raison, est la distance de Montréal… Je suis « dans le pays » pour rencontrer les « vrais québécois ». Avec les -20 degrés, les skidoo et les tempêtes de neige je suis fier de me sentir dans le Grand-Nord…. qui en fait ne l’est pas du tout. Je vous laisse comparer la latitude avec celles de Paris et du reste du Canada…

La région d’Abitibi s’est développée après la grande crise de 1929, lorsque le gouvernement a décidé de mettre en place le plan Vautrin pour le développement agricole dans le moyen Nord. Une voie ferrée a vu le jour, ralliant la ville de Québec à Vancouver, le Chemin de fer Canadien Pacifique (Canadian National Railway). Ce nouvel axe de communication permit aux colons de s’installer le long de la voie.

Carte trajets

Les villes de l’Abitibi telles que Val d’Or, Malartic ou Rouyn-Noranda sont des Boom Town (villes champignon) créées à la découverte de gisements miniers (or, zinc, Plomb, cuivre et argent).

Val d’Or fut le premier village de miniers fondé sous le nom de Bourlamaque. Le village grandit en tâche d’huile, où beaucoup d’immigrants d’Europe de l’Est ont été appelés en renfort. En parallèle, une économie de jeux, de plaisirs et de divagations se propage. Val d’Or devient ville et la région se développe rapidement le long de la faille de Cadillac. Aujourd’hui, l’Abitibi Témiscamingue est une région cosmopolite qui comporte 145 000 habitants pour des villes de 25 à 40 000.

Serge Gosselin a travaillé comme garde forestier avant de bifurquer, il y a 16 ans, dans le monde de la photo qu’il avait pour passion. Il travaille désormais comme photographe des mines entre deux voyages, prenant des vues aériennes des parcelles mais aussi descendant jusqu’à 11km sous la surface du sol, dans la chaleur et l’humidité pour immortaliser les travailleurs. Il rencontre aussi régulièrement les Premières Nations d’Amérique du Nord et du Sud, et voyage annuellement à Cuba, sans oublier des actions constantes pour Haiti…

Une de ses citations favorites : « Où qu’il y a de l’homme, il y a de l’hommerie ! »

http://www.lino.com/~sergeg

2- Première semaine

Je viens à peine de poser les pieds à Montréal, et déjà une semaine est passée !

Le temps de prendre quelques marques, d’apprendre à me diriger dans la ville et surtout de savoir hiérarchiser les sous-couches d’habits en fonction des températures !

Mon emploi du temps se base pour le moment sur des recherches professionnelles et des prises de contacts, rien de bien palpitant mais quand les prétextes se présentent, je m’équipe de mouchoirs et me voilà dehors !

Lorsque je marche dans les rues en angles droits un sentiment de calme règne, même chose dans les transports, les gens font la queue pour entrer dans le bus, les inconnus se tutoient, les lieux communs me semblent sûrs et les accents chantent ! Bien entendu ne restons pas dans le cliché car j’imagine que les fourmilières de plusieurs dizaines d’étages ne sont pas là pour décorer. Il n’en reste pas moins que cette atmosphère générale est tout à fait plaisante.

Pour la petite histoire, j’ai découvert au musée d’histoire  »Stewart » que Montréal a été fondée au XVIIème siècle en terres  »indiennes » (bien entendu). En 1672 elle comprenait 850 habitants dans ses remparts contre près de 2 millions actuellement. Le pays d’une superficie de 15 fois la France, en comporte environ 35 millions.

Carte Montréal

Yury, un ami Franco-Russe travaillant au Canada me loge pour le moment. Grâce à lui j’ai pu commencer à m’acclimater et à comprendre certains détails non négligeables assez rapidement, notamment sur le fonctionnement des supermarchés : Ne jamais oublier qu’ici les prix sont affichés hors taxe !

En attendant de prochaines nouvelles voici quelques photos :

 

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Portrait

Le Canada : Pourquoi / pourquoi pas ?

     Nous sommes le 1er Janvier 2013, la journée est consacrée à une remise en état de mon organisme après les fêtes et…. aux préparatifs de ma valise.

Dans un mois je pars pour le Canada. Un rêve d’enfant que je vais enfin réaliser après plusieurs tentatives au cours de ces 10 dernières années. Je ne voulais pas aborder ce voyage comme les autres. Je souhaitais le vivre de manière plus libre, sans contrainte de temps, d’argent ou de matériel, mais en gardant tout de même une idée générale de ce que je voudrais faire là-bas.

La question qui revient souvent : « Pourquoi? » Pourquoi le Canada? Pour y faire quoi ? Pour y voir qui? Tu crois que tu vas y vivre ‘le rêve américain’?

A ces questions j’avoue me trouver sans réponse concrète… pieds sur terre et tête en l’air. Après l’Afrique, l’Asie ou l’Europe c’est le Canada qui (re)vient. La seule réponse que je sais apporter à ces questions est : Parce que !

Je n’ai jamais quitté plus d’un mois mon Aveyron natal et là je décide de partir un an, seul. Certaines choses sont explicables comme le fait d’acheter une brosse à dents ou de faire ses courses, mais prendre un aller simple pour une contrée que l’on ne connait même pas, alors là….

Tu vas à Montréal ? Oui pour poser mes valises, prendre une bonne douche chez un ami de jeunesse et reprendre mes esprits un petit temps… mais ensuite, campagne ou ville, anglais ou français, peu importe ! J’ai choisi d’aller où bon me semblera.

Mais avec quel argent ? Ceci n’est pas un projet d’exposition ficelé pour le moment, donc ce départ se fait sur mes propres deniers. Pour ce faire j’ai enchainé des travaux intérimaires, des expos, des animations et des reportages photos. Ajoutons à cela la vente de mon véhicule, de mes appareils électroménagers et une manière de vivre à coût modéré (mais sans privation) ! J’ai donc pu renouveler le matériel photo et ma garde-robe sans trop de soucis…

*A noter que pour être candidat à la demande d’un visa de type Permis-Vacances-Travail comme le mien le budget à prévoir approche les 1000€ (passeport, assurance rapatriement, frais de traitement de visa, billet).

Tu verras, là-bas tu auras de quoi faire de belles photos ! Effectivement pendant ces 10 dernières années j’ai fait des photos, j’aime la photo mais elle ne m’est pas indispensable… ne pouvant pas savoir de quoi demain sera fait, peut-être que mon domaine sera la cuisine ou la plomberie, qui sait !

     Mais si l’on reste dans la photo les centaines de personnes qui me suivent depuis le début savent que je ne trouve pas d’intérêt à parler de mes projets professionnels avant l’heure : Si un lecteur de roman connait le dénouement avant l’intrigue… la magie du suspense ne se perdra-t-elle pas?

Également dans cette logique, ces personnes savent que j’aime le risque en me sentant en sécurité, au même titre d’être aventurier-pantouflard ou de me plaire dans la foule tout en appréciant la solitude. J’ai donc envisagé de rester en lien particulier avec une personne dont le passé est presque aussi riche que l’humanité. Une personne vers qui je me tournerai régulièrement pour certains choix personnels ou professionnels. Une sorte d’arceau de sécurité ! Pour ce voyage je me nourrirai des rencontres, avec une ligne directrice certes, mais sans obligation de résultat et sans auto-interdictions de bifurquer.

     Je pars pour un an, et plus si affinité. J’espère que ce périple saura vous inspirer, vous mes lecteurs, à comprendre ce qu’est la liberté de choisir : prendre la route ou passer à travers champs…? J’ai décidé de faire confiance à la vie et de me laisser guider au gré du vent. Démarche spirituelle? Sans doute. Démarche professionnelle? Peut-être. En commençant à me connaître moi-même, je ne pense pas que cette expérience soit vaine.

Par ce voyage un tant soit peu improvisé je vais tâcher de « voir ailleurs si j’y suis » !

Le Canada, c’est ici :

Canada